par Sylvie Hébert, Ph.D. et Tony Leroux, Ph.D.
École d’orthophonie et d’audiologie, Université de Montréal
et Centre de
recherche, Institut universitaire de gériatrie de Montréal
Groupe de recherche en neuropsychologie et
cognition (GRENEC) de l’Université de Montréal
Bien que la vision ait une place prépondérante dans
notre monde moderne, la capacité de traiter l’environnement sonore est non
seulement un trait biologique important pour la survie, mais également une
habileté à la source de nombreux plaisirs qui [SH1]contribuent à la qualité de la vie. Par exemple, la capacité d’entendre un
détecteur de fumée, ou une voiture qui se dirige vers soi, peut être
déterminante pour sauver sa propre vie.
De même, la possibilité de converser avec son conjoint, ses amis, ses
petits-enfants, ou encore d’apprécier une belle musique ou le chant des
oiseaux, ajoutent grandement au bonheur de vivre et de
se retrouver en société. Ceci est
d’autant plus vrai que les personnes âgées retrouvent désormais le temps de
profiter de ces petits et grands plaisirs à cette période
de leur vie. Or, avec l’âge justement,
les capacités auditives sont menacées par la perte auditive et les troubles qui
y sont reliés, et ont comme conséquence ultime la perte du plaisir de vivre,
voire même l’isolement. Cet article fera
un bref survol des troubles de l’audition liés au vieillissement, avec comme
objectif de les démystifier pour qu’ils soient mieux connus et compris, et avec
le souhait qu’ils deviennent un objet d’attention et d’intérêt au même titre
que d’autres aspects plus visibles du vieillissement.
Les
différentes structures du système auditif et leurs rôles
C’est le système auditif dans son ensemble qui nous
permet de traiter toute l’information sonore nous provenant de
l’environnement. Il se divise en quatre
parties principales: l’oreille externe, l’oreille moyenne, l’oreille interne,
et le système auditif central. Cette
dernière partie englobe toutes les interconnexions complexes comprises entre le
nerf auditif, situé à la sortie de l’oreille interne, et le cortex auditif, qui
est la partie du cerveau responsable du traitement de l’information auditive.
L’oreille externe est composée du pavillon et du
conduit auditif menant au tympan. Les
pavillons, grâce à leurs formes particulières ,
captent le son d’une manière particulière suivant la provenance du son, et
jouent un rôle au niveau de la localisation des sources sonores dans
l’environnement. La vibration du tympan
provoquée par le son est transmise à l’oreille moyenne, composée des osselets
qu’on nomme communément le marteau, l’enclume et l’étrier. Ces trois os minuscules, les plus petits du
corps humain, ont un volume total de moins de 1 centimètre cube ! La fonction de l’oreille moyenne est
principalement d’amplifier la vibration qui passe d’un milieu aérien dans
l’oreille externe à un milieu liquide, plus dense dans l’oreille interne. L’oreille interne, plus spécifiquement
l’organe de Corti, situé dans la cochlée (en forme de colimaçon), traduit
ensuite cette vibration en impulsions nerveuses, qui seront transmises puis
analysées au cortex, après être passées au préalable par différents
relais.
Les changements anatomiques de l’oreille externe et
de l’oreille moyenne dus au vieillissement n’ont que peu d’impact sur
l’audition. En effet, à moins qu’il y
ait un blocage au niveau de l’oreille externe, par exemple, la présence d’un
bouchon de cire ou d’un dommage au tympan, ou une maladie au niveau de l’oreille
moyenne, les changements de ces structures avec l’âge ne provoquent pas de
perte auditive. Par contre, plusieurs
mécanismes au niveau de l’oreille interne et du système auditif central se
détériorent avec l’âge. Bien qu’on ne
connaisse pas encore tous les rouages de ces changements et leurs conséquences
au niveau de la perception auditive, certains effets du vieillissement sur
l’audition ont déjà été identifiés.
La
perte auditive reliée à l’âge ou presbyacousie
Beaucoup de personnes âgées se plaignent que leur
“ oreille est moins fine ” que par le passé. Cette perte auditive attribuable à l’âge et
impliquant l’oreille interne est appelée presbyacousie.
Quoiqu’elle ne soit pas présente chez tout le monde, cette perte auditive peut
commencer dans la vingtaine et progresse très lentement, si bien qu’elle peut
devenir un problème sérieux au début de la soixantaine. La perte auditive est
la troisième incapacité chronique en importance chez les personnes âgées, après
l’arthrite et l’hypertension. On estime
qu’autour de l’âge de 70 ans, une personne sur deux a
une perte auditive suffisamment importante pour interférer avec sa vie
quotidienne.
Le premier signe de la presbyacousie est une perte de sensibilité pour les sons de
très hautes fréquences. Le chant de la
cigale est un exemple de son contenant presque uniquement des hautes
fréquences. Avec les années, la perte auditive devient de plus en plus
importante pour les sons de hautes fréquences.
Parallèlement, la perte s’étend petit à petit aux sons de basses
fréquences. Le ronronnement d’un moteur
de voiture est un exemple d’un son dominé par les basses fréquences. La perte
progresse avec le temps jusqu’à ce que des changements puissent être notés dans la capacité
d’entendre des sons de faible intensité.
Elle est généralement plus sévère chez les hommes que chez les
femmes. Des facteurs héréditaires jouent
aussi un rôle dans le degré de perte auditive.
Par ailleurs, l’audition des personnes qui ont
beaucoup été exposées au bruit au cours de leur vie se sera détériorée plus
rapidement et à un âge plus jeune que celles des personnes qui n’ont que peu ou
pas été exposées au bruit. L’effet du
vieillissement viendra s’ajouter à la perte auditive due au bruit déjà
existante.
La presbyacousie est due
à des changements dans les processus physiologiques et mécaniques de l’oreille
interne. Un malfonctionnement
à ce niveau entraîne des problèmes qui se répercutent aux niveaux
supérieurs. Autrement dit, un problème
dans l’oreille interne dérègle probablement des fonctions aux relais
supérieurs, et même jusqu’au niveau du cortex auditif. Ainsi, au niveau perceptif la presbyacousie affecte la sensibilité auditive, mais
s’accompagne en plus de toutes sortes d’autres changements et distorsions dans
la façon dont le son est perçu et dans les habiletés à traiter adéquatement le
son. Entre autres, on note souvent une
hypersensibilité au bruit, ou encore une sensation que l’oreille est remplie de
liquide, lesquelles peuvent être associées avec un dommage cochléaire.
Un autre de ces changements, liés au système
auditif central, est la capacité de distinguer et d’identifier plusieurs
sources sonores simultanées. Dans les
situations de la vie courante, l’environnement sonore est composé de plusieurs
sources sonores différentes mais dont les caractéristiques acoustiques
peuvent parfois se ressembler. Ainsi,
les vibrations sonores créées par le chat qui miaule, la voisine qui fait ses vocalises accompagnée du violoncelle, une voiture qui
démarre, et une conversation dans la pièce voisine, vont arriver au tympan
toutes entremêlées sous la forme d’un seul patron de vibrations, mais fort
complexe. Une des tâches importantes des
niveaux supérieurs du système auditif sera de départager quels éléments
appartiennent à telle ou telle source, afin qu’elles puissent être correctement
identifiées et localisées dans l’environnement.
Le système auditif ne possède pas à priori de
“ canaux ” spécifiques pour tel ou tel type de source sonore, par
exemple un canal “ parole ”, un canal “ musique ”, et un
canal “ sons de l’environnement ”.
Tout doit être “ décodé ” par le système auditif et comparé à
des objets sonores emmagasinés antérieurement afin qu’une identification
correcte de chaque source sonore ait lieu.
Ce changement perceptif dû à l’âge est très bien
illustré par la plainte systématique des personnes âgées de leur difficulté à
suivre une conversation lorsqu’il y a du bruit de fond, comme par exemple au
restaurant. Il faut remarquer également que même un appareil auditif qui
amplifie les sons ne sera dans ce cas que d’une aide limitée, puisque le bruit
de fond se trouvera, lui aussi, amplifié par l’appareil. Cette difficulté de bien décoder la parole
dans le bruit contraste avec la relative facilité
d’écoute dans le silence. Elle reflète
fort probablement non seulement des changements au niveau de l’oreille interne,
mais aussi des changements au niveau du système auditif central. Par ailleurs,
il est possible, et même probable, que le système auditif central puisse être
affecté dans le vieillissement de façon indépendante, c’est-à-dire sans qu’il y
ait de détérioration significative au niveau de l’oreille interne.
La recherche commence à peine à s’intéresser à ces
problèmes : les structures et les mécanismes précis, de même que les
conséquences perceptives du vieillissement, restent encore à définir. Une
facette importante des travaux de recherche actuels s’intéresse aux moyens
technologiques à mettre en place pour compenser les effets négatifs du
vieillissement sur les capacités auditives.
Les appareils auditifs visent uniquement à amplifier les sons de la
parole et les sons de l’environnement pour les rendre plus audibles. Toutefois, il est techniquement difficile
d’amplifier sélectivement la voix d’un interlocuteur parmi un bruit de fond
lui-même constitué de plusieurs voix. C’est pourtant ce qu’arrive à faire un
jeune auditeur normal. Il faut donc
mieux comprendre les mécanismes du système auditif central qui permettent de
comprendre la parole dans un environnement bruyant de façon à pouvoir les
recréer et les intégrer dans un appareil auditif.
La localisation sonore est une capacité auditive
centrale jouant un rôle important dans la perception de la parole dans le
bruit. En effet, dans un environnement
bruyant, la perception de la parole s’appuie, partiellement, sur notre habileté
à sélectionner le message verbal d’un interlocuteur tout en ignorant les autres
sources sonores de l’entourage. Cette habileté d’écoute repose, en partie, sur
les capacités auditives qui permettent de déterminer la position spatiale de
l’interlocuteur et des autres sources de bruit.
Certains appareils auditifs permettent d’améliorer la perception de la
parole dans une zone physique précise, lorsque les interlocuteurs se trouvent
face à face, tout en réduisant les bruits qui proviennent de l’arrière et des
côtés. Ce type d’amélioration
technologique permet d’espérer qu’à moyen terme les appareils auditifs seront
plus performants dans les situations de communication de la vie quotidienne où
le bruit est pratiquement toujours présent.
Les
acouphènes : un problème lié à la perte auditive et au vieillissement
La détérioration de l’oreille interne et du système
auditif central peut aussi entraîner des bourdonnements et sifflements
constants, un problème répandu qu’on appelle acouphène. L'acouphène
est un des motifs de consultation le plus fréquent en audiologie et en
oto-rhino-laryngologie. On estime
qu’environ 10 à 15% de la population adulte serait affectée par des acouphènes
de sévérité variable. L’acouphène n’est
pas exclusivement associé au vieillissement.
Or, il demeure que le facteur prédicteur le
plus important de l'acouphène est la perte auditive, et que c’est en
association avec le vieillissement que la perte auditive est la plus répandue.
L’acouphène peut causer une détresse considérable
chez la personne qui en souffre, car il fluctue en intensité et peut parfois
devenir intolérable. La personne qui a
un acouphène n’arrive plus à retrouver “ le silence ” et ce bruit
permanent dans la tête ou les oreilles peut contribuer à entraver son repos, la
rendre irritable, déprimée, ou anxieuse.
L’acouphène est un problème à ce point sérieux qu’il a été identifié
comme étant un des facteurs de risque de suicide chez les personnes âgées.
Il n'existe
encore aucun traitement efficace universellement contre l’acouphène. Il faut
par contre savoir que quoiqu’il puisse être extrêmement dérangeant pour la
personne atteinte, la grande majorité des acouphènes ne constituent
pas un risque pour la santé. Ils
ne sont donc pas dangereux en tant que tels mais peuvent, dans certains cas,
signaler la présence de problème de santé (par exemple : diabète,
hypertension). En outre, certains
symptômes associés, difficultés à dormir, symptômes de dépression, peuvent être
traités et par ricochet, diminuer l’impact de l’acouphène sur l’humeur et le
bien-être de la personne atteinte.
Au plan scientifique, l’acouphène pose un défi
particulier à la recherche puisqu’il est difficile à objectiver. En ce sens, décrire l’acouphène est un peu
comme tenter de décrire un mal de dos: la personne qui souffre est la seule à
vraiment connaître l’ampleur de son mal.
Il n’existe pas de test clinique pour détecter la présence de
l’acouphène. Si, par exemple, une personne
avec acouphène consulte en audiologie mais ne mentionne pas qu’elle a un
acouphène, les professionnels ne pourront le détecter d’emblée.
Les mécanismes avancés actuellement pour expliquer
l’acouphène s’apparentent à ceux impliqués dans la douleur du membre-fantôme chez les personnes amputées. Une personne qui se fait amputer d’un membre,
une jambe par exemple, ressent, dans la presque totalité des cas, la sensation
du membre manquant. Le bras n’est plus
là, mais la personne ressent le bras “ comme s’il y était encore”. De plus, une forte proportion de ces
personnes ressentent également une douleur (qui peut être atroce) au
niveau du membre amputé: la personne a mal aux orteils qui appartenaient à la
jambe désormais absente. De plus,
lorsque cette personne touche une autre partie de son corps, par exemple sa
joue, cela peut provoquer à la fois une sensation dans la joue et une
exacerbation de la douleur au niveau du membre absent. Comment cela peut-il être possible? Le cerveau contient une “ carte ”
qui est responsable des sensations de toutes les parties du corps. Même s’il n’y a plus de stimulation
sensorielle provenant du membre en tant que tel, la partie de la carte
responsable du membre, elle, est toujours présente. C’est le cerveau qui est
ultimement responsable du maintien de cette carte, et par conséquent des
sensations reliées aux membres du corps.
Après une certaine période de temps sans stimulation sensorielle,
c’est-à-dire suite à l’amputation, cette carte se réorganise. Les parties de la carte responsables d’autres
parties du corps, par exemple, la région du visage, et qui sont dans le cerveau
à proximité des régions du membre amputé, se mettent à “ envahir ”
les régions qui n’ont plus de récepteurs sensoriels et qui correspondent au
membre amputé. En plus de créer une
sensation permanente de douleur dans le membre fantôme, la partie de la carte
responsable des sensations de la joue se met à créer une sensation
supplémentaire de douleur vive dans le membre absent. La douleur du membre fantôme serait donc une
manifestation de cette “ réorganisation ” du cerveau.
L’acouphène pourrait faire appel à un mécanisme
semblable. Comme pour les sensations du corps, le cerveau contient au niveau du
cortex auditif une “ carte ” qui représente toutes les fréquences
audibles, allant des sons de basses aux sons de très hautes fréquences. En vieillissant, comme mentionné plus haut,
la presbyacousie s’installe et la sensibilité pour
les sons de hautes fréquences diminue, créant une perte auditive pour ces
fréquences. Ainsi, l’entrée sensorielle
fait défaut. Même s’il n’y a plus de
stimulation sensorielle, la partie de la carte responsable des sons de hautes
fréquences, elle, est toujours présente.
Comme pour le membre fantôme, c’est le cerveau qui est ultimement
responsable du maintien de cette carte.
Après une certaine période de temps sans stimulation sensorielle,
c’est-à-dire suite à la perte auditive, cette “ carte ” se
réorganise. Les parties de la carte
responsables, par exemple, des sons de basse fréquence, et qui sont à proximité
des sons de hautes fréquences perdues , se mettent à “ envahir ” les
régions du cortex auditif correspondant à la perte auditive en haute
fréquences. Ceci créerait la perception
anormale d’un bruit permanent, c’est-à-dire l’acouphène. Une description très courante de l’acouphène
est justement le chant de la cigale, et donc correspondant à un son de très
haute fréquence. Ainsi, l’acouphène pourrait
lui aussi, comme la douleur du membre fantôme, être une manifestation de cette
réorganisation du cerveau.
La recherche scientifique future s’attardera à
vérifier plus avant dans quelle mesure la douleur du membre fantôme et
l’acouphène sont des phénomènes similaires, et à spécifier davantage le type de
mécanisme impliqué dans cette réorganisation.
Entre autres, de quelle manière certaines régions du cerveau puissent en
“ envahir ” d’autres. De plus,
il est probable que d’autres mécanismes, par exemple de nature bio-chimique, puissent être impliqués dans les
acouphènes. Les travaux actuels sont
très prometteurs, et les prochaines années connaîtront vraisemblablement des
développements rapides dans ce domaine.
À
défaut de vraies solutions
S’il est impossible d’empêcher le
vieillissement, le fait de connaître et comprendre les manifestations de la presbyacousie peut déjà aider à identifier les situations
problématiques qui entravent la communication.
De là, certaines stratégies simples peuvent être mises en œuvre afin
d’agir sur l’environnement et établir des situations d’écoute favorables.
Ainsi, lorsque cela est possible, une réduction du bruit ambiant peut s’avérer
être un ajustement salutaire. Ralentir le débit de la parole, utiliser le
langage corporel comme les gestes, les expressions faciales, et la lecture
labiale, peuvent aussi grandement faciliter la compréhension du message. Ces
actions simples seront récompensées par des échanges plus détendus et plus
enrichissants.
Conclusion
La perte auditive et les troubles qui en découlent
sont des changements sensoriels majeurs au cours du vieillissement. Parfaitement invisibles, ils constituent
pourtant un obstacle important au bon
déroulement de la communication entre deux personnes. Ils menacent l’autonomie de la personne âgée
en empêchant celle-ci d’être à l’affût de différents signaux qui peuvent sauver
sa vie. Ils menacent aussi, et peut-être
surtout, le bien-être psychologique en diminuant la capacité et le plaisir de
profiter des situations, des événements, et des rencontres basées sur le traitement
de l’environnement sonore:
le plaisir d’aller au restaurant, d’aller au concert, d’aller aux
offices religieux, de communiquer avec les autres et d’établir des
relations. La recherche scientifique
s’affaire actuellement à démystifier et à mieux comprendre comment la
perception auditive se modifie avec le temps.
Ces avancées permettront certainement de développer, à court ou moyen
terme, de véritables solutions à ces problèmes.
Par contre, la science à elle seule ne peut venir à bout du tabou social
actuel auquel sont confinés la perte auditive reliée
au vieillissement, et les troubles qui en découlent, en particulier
l’acouphène. Il faut faire en sorte que
ces difficultés sortent de l’ombre en les considérant comme des phénomènes
auxquels il faut s’ajuster et accorder toute l’importance nécessaire,
puisqu’ils ne feront que croître avec l’augmentation constante de l’espérance
de vie et le vieillissement de la population.
Remerciements
La rédaction de cet article a été rendue possible
grâce à une bourse salariale du Fonds de la recherche en santé du Québec
accordée à Sylvie Hébert. Nous
remercions l’Association québécoise de gérontologie de permettre la
reproduction de cet article paru dans : Le Gérontophile, édition Printemps 2001. vol.
23, no 2, pp 15-19.
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